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Article publié le jeudi 13 mai 2021 par Jean-Baptiste
Mis à jour le vendredi 14 mai 2021

Notre paroissienne Madalina Muresan, enseignante au lycée de Grenoble, nous propose un résumé de ce livre de Jean-Claude Larchet, actuellement d’actualité.
Ce résumé a été lu aux paroissiens et aux élèves de la session "icône Vercors" à l’issue de la liturgie du dimanche 9 mai dernier.

Jean-Claude Larchet, Pour une petite théologie pour les temps de pandémie, Éditions des Syrtes,

2001.

Ce livre propose une synthèse des problèmes actuels se rattachant à l’épidémie de Covid-19
et analyse les solutions trouvées pour continuer à mener une vie chrétienne. L’auteur étudie avec
minutie les différents aspects de la situation tout en citant et en commentant des sources classiques
et contemporaines. Se situant dans la perspective de l’orthodoxie, il rappelle que l’Eglise et tous les
chrétiens doivent continuer de prier Dieu pour que le fléau cesse. Les prières permettent d’affronter
les épreuves chaque jour, de continuer la vie spirituelle sans perdre l’espoir et d’apporter l’aide
nécessaire aux malades. J.-C. Larchet cite des cas précis où les épidémies ont cessé dans certaines
régions suite aux prières, aux processions d’icônes et/ou de reliques et à la bénédiction des lieux.
Saint Charalampos, par exemple, prêtre chrétien et martyr du IIIe siècle, est renommé pour son
intercession contre la peste, le choléra et les maladies du bétail. Cependant, les évènements suivent
toujours leur cours implacablement. Personne ne peut empêcher le déroulement des guerres,
l’avènement des catastrophes naturelles et la propagation des épidémies à grande échelle. Notre
monde actuel se caractérise par la multiplication des péchés, de comportements immoraux et de
pratiques matérielles opposées à la tradition chrétienne. Cela peut engendrer le désordre d’une
manière générale, avec tout ce que cela implique : la mort, la solitude, le désespoir, les incertitudes,
les restrictions, la peur, le changement des mœurs et des règles. La vie de l’Eglise a été perturbée à
cause de l’impossibilité de fréquenter les lieux de culte, de participer aux célébrations et aux
pèlerinages et de recevoir les saints dons durant certaines périodes.
Le livre est composé de trois grandes parties, dont la première est consacrée au
questionnement sur la relation entre Dieu et l’épidémie. L’auteur rappelle qu’à travers les siècles, les
fléaux ont été vus comme un châtiment divin permettant aussi d’éduquer l’humanité, comme le
montrent les références patristiques et les livres de prières. J.-C. Larchet évoque ensuite les limites
de cette conception du point de vue rationnel, spirituel et théologique. Dieu reste tout-puissant et
s’il ne cause pas lui-même les maladies, il les permet, affirment les Pères de l’Eglise et les
théologiens. Les hommes, suite à leur libre arbitre, commettent des péchés, tout en s’éloignant du
droit chemin. La divinité pourrait empêcher l’avènement du mal, mais elle ne respecterait pas la
liberté de l’homme dans ce cas. La nature profite d’une certaine autonomie, un combat permanent
s’établit entre les forces du Bien et celles du Mal. Aujourd’hui, comme dans d’autres moments
critiques de l’histoire de d’humanité c’est donc le moment propice pour se repentir et demander la
miséricorde divine. Tous les chrétiens se réunissent et prient pour que l’épidémie cesse.
Dans la deuxième partie de l’ouvrage, l’auteur parle de la période de confinement du
printemps 2020 qui a signifié l’arrêt de presque toutes les activités sur le plan social et religieux, afin
de limiter la contagion et la propagation du Covid-19. Il rappelle le refus du confinement par les
extrémistes et les théories complotistes et signale l’acceptation du confinement par l’Eglise
orthodoxe. Il énumère quelques leçons à tirer pour les prochaines périodes similaires, ainsi que les
modalités de poursuivre la vie chrétienne dans les temps de confinement. Par exemple, il y a la
possibilité de suivre la Liturgie transmise à la télévision ou sur Internet. Larchet analyse aussi le débat
qui concerne les icônes, les reliques et La Croix, porteuses d’énergies divines et sources de miracles,
des guérisons de maladies corporelles et spirituelles. Les consignes sanitaires actuelles interdisant
tout contact physique ne peuvent en aucun cas empêcher les effets positifs de ces objets sacrés. Au
contraire, on observe un renforcement de la relation entre les fidèles et les icônes sur le plan
spirituel et sans contact physique : il suffit d’invoquer mentalement le saint représenté pour qu’il
nous aide.
L’auteur aborde ensuite la question de la communion eucharistique en réaffirmant que le
sacrement qui est le corps et le sang du Christ a uniquement des vertus thérapeutiques. Il ne peut en
aucun cas être porteur de microbes. A travers les siècles, les prêtres et les diacres ont donné la
communion à des fidèles gravement malades dans des hôpitaux, en léproseries ou dans d’autre
endroits similaires. Ils ont utilisé la cuiller unique en or sans jamais la désinfecter, qui avait été
plongée dans le calice. Ils ont consommé eux-mêmes ensuite les restes des Saints Dons tout en
restant en bonne santé. L’auteur énumère quelques exemples frappants du XXe siècle : celui de saint

Antoine de Chios qui a été aumônier d’une léproserie, celui du père Chrysanthos qui a été de 1947 à
1957 le prêtre de la léproserie de l’île de Spinalonga en Crète, celui de saint Jean Maximovitch qui
consomma une partie de la communion tombée de la bouche d’une femme qui avait contractée la
rage. La leçon à tirer est que les énergies divines ont le pouvoir de rendre inactifs les virus et les
bactéries. Des méthodes alternatives ont été proposées par les autorités pendant l’épidémie de
Covid-19, comme celle d’utiliser la cuiller individuelle, ou de verser la communion dans la bouche du
fidèle sans toucher ses lèvres ou encore de désinfecter la cuiller après chaque utilisation. L’auteur du
livre démontre en utilisant différents types d’arguments que ces pratiques ne sont pas contraires à la
tradition religieuse parce que ce qui compte finalement est de prendre la communion.
Dans la dernière partie de l’ouvrage, on insiste sur le fait que le chrétien est invité à dépasser
cette situation actuelle stressante, à garder l’espoir et à continuer ses prières pour acquérir la paix
intérieure. Par ailleurs, il pourrait se familiariser avec l’idée de la mort et même s’y préparer. Le
chrétien n’a pas peur de la mort, celle-ci n’est que la fin d’une étape terrestre et l’ouverture vers la
vie céleste près de Dieu. Le passage d’un monde à l’autre n’est pas à craindre car il est dans l’ordre
des choses. Durant toute sa vie, l’homme s’est préparé progressivement à quitter ce monde des
vivants pour pénétrer dans l’univers céleste et se rapprocher de la lumière divine. Les différentes
épreuves de son existence, les peines, les maladies et les épidémies ne font qu’aviver sa conscience
de la mort et lui permettre de se préparer à une fin qui surviendra un jour quoi que l’on fasse.

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