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Réflexion théologie orthodoxe

Article publié le jeudi 14 avril 2022 par Jean-Baptiste

« Russki Mir »

Nous ne sommes pas sans savoir que le mot russe « Мир » « mir » évoque à la fois « le monde » et « la paix ».
Lorsque le prêtre sort de l’autel pour transmettre la Paix de Dieu à l’assemblée en bénissant il dit « Мир всем ! » c’est-à-dire « Paix à tous » !
Ce qui signifie que dans la formule liturgique de la langue parlée est contenu à la fois le sens de transmettre « la Paix du Christ » et aussi « le monde » en tant que tel. De ce fait , une allusion est faite au principe de confusion entre la Paix qui vient de Dieu et l’identification du peuple qui appartient à ce monde, qui reçoit de l’autel l’identité de sa nation.
Cette formule est significative de l’état et des problèmes qui génèrent un terreau profond de confusion au sein de l’église orthodoxe en général.
Celle-ci a tendance à confondre le monde de « la Paix du Christ » avec celui de « sa nation terrestre », certains ont appelé cela l’ethno-phylétisme.
Malheureusement ce problème n’est pas propre aux russes. Ce qui nous horrifie aujourd’hui c’est que ce principe est utilisé à des fins destructrices par une nation contre une autre, toutes les deux composées en majorité de chrétiens orthodoxes : Aujourd’hui ce principe sert à tuer.
Alors nous devons nous poser la question de notre responsabilité. Beaucoup de personnes disent qu’il ne faut pas se taire durant ce conflit en Ukraine, car le silence est signe de « collaboration ». Pourtant avant de parler il est bon de voir pourquoi ce mal est-il rentré dans l’église ?
Notre orthodoxie se glorifie de son principe de « Conciliarité » « Sobornost » hérité des Apôtres, de l’Assemblée du Cénacle dans laquelle l’Esprit Saint a créé l’Esprit d’Unité des hommes. Elle a tendance même à justifier ce principe comme étant le signe de la Vérité, de son authenticité par rapport aux autres églises chrétiennes.
Tropaire de la Pentecôte
« Tu es béni ô Christ notre Dieu, tu as rempli de Sagesse de simples pêcheurs, quand tu leur envoya l’Esprit Saint, aussi tu pris au filet le monde entier, Ami des hommes Gloire à Toi »
Kondakion de la Pentecôte
« Lorsque Tu descendis pour confondre les langues, Tu dispersas les nations, ô Très-Haut ; mais lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu nous appelas tous à l’unité. Aussi d’une seule voix glorifions-nous le très saint Esprit »

Dans ce texte du kondakion il est expressément scandé que les nations ont été dispersées, c’est-à-dire que l’esprit des nations a été supprimé car il empêche l’Esprit d’Unité. La langue de feu qui créer l’Unité entre les hommes n’est pas la langue parlée, ou la langue culturelle qui elle-même est confondue, il s’agit de la langue de l’Esprit, la langue de l’Amour !

Pourtant qu’avons nous fait nous orthodoxes ?Nous avons transmis l’esprit du monde, l’esprit du diviseur dans nos églises. Il n’est pas possible de voir aujourd’hui sur un même territoire comme la France des églises nationales qui ne sont pas le fruit de la Langue de l’Esprit mais de celles des nations ! Comment se fait-il que nous parlons d’église grecque orthodoxe ( le mot « grecque » placée même avant le mot orthodoxe), d’église roumaine, serbe etc… Nous répétons le principe de division que le Tropaire de la Pentecôte incrimine au sein même de nos églises territoriales et de notre théologie.
Ce temps n’a-t-il pas assez duré ? Lorsque nous voyons l’étendu que ce mal propage ?Cette confusion identitaire dans la théologie orthodoxe. La fameuse « Miséricorde » ou « Économie » qui ressemble plus à un cache misère ou à une zone infectée que l’on essaie par notre auto-glorification liturgique d’ignorer.
Si l’infection a commencé à se reprendre c’est que nous sommes tous responsables !
L’église est locale car elle est faite de personnes réunies pour prier et invoquer l’Esprit Saint sur un même territoire mais elle n’est pas nationale. Ces personnes réunies ensemble sur un même territoire doivent prier dans la langue qui est celle de la terre locale (même si elle n’est pas aussi sémitique et profonde que d’autres langues liturgiques) car cela est le signe de leur appartenance à cette terre. Comment peuvent pousser des plantes spirituelles si elles sont toujours le fruit de l’importation mondialisante ? Nous réitérons indéfiniment les vagues illusions déviantes d’une église « diaspora », d’une église d’éternels émigrés qui se souviennent par la liturgie de leurs origines terrestres. Pourtant l’Eglise est tout le contraire : elle est là pour nous faire participer à la Réalité Céleste là où nous nous trouvons qui que nous soignions, tous les chrétiens, réunis à la Terre Céleste qui n’est pas de ce monde mais qui vient « ABBA Père » !

« Notre Père qui est aux Cieux, que ton Nom soit sanctifié, que Ton RÈGNE Vienne ! Que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel

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