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Article publié le jeudi 13 octobre 2022 par Jean-Baptiste
Mis à jour le vendredi 14 octobre 2022

“L’Ukraine chez nous”
Article de la revue des Chanoines réguliers de St Victor

Père Jean-Baptiste Garrigou, pouvez-vous nous présenter votre Atelier Saint Jean Damascène, à Saint-Jean-en-Royans (Drôme) ?

C’est une école iconographique créée il y a 50 ans, un lieu ecclésial. Comme dans les monastères, la vie ici est ancrée dans la prière permanente, reçue comme vocation de l’Esprit Saint et reconnue dans l’Eglise. Dans l’image nous reconnaissons une présence de Dieu qui s’est rendu visible par l’Incarnation, et nous exprimons notre foi. Très tôt dans l’Eglise indivise sont autorisées des représentations des réalités de la foi que nous confessons : ici, avec aussi les catholiques et même des protestants.

Avez-vous toujours des liens avec KIEV ?

A l’origine, ma mère ukrainienne du Dombass, iconographe, s’est retrouvée en France au moment de la deuxième guerre mondiale. Elle a établi des liens avec d’autres expatriés qui avaient fui la révolution russe ; l’ouverture après la chute du communisme dans les années 1990 a permis de retrouver des chrétiens du pays. Nous avons des liens privilégiés avec la Laure des Grottes de Kiev, monastère datant de l’origine de l’évangélisation des slaves.

La France a découvert l’Ukraine à cause de cette guerre horrible, de l’accueil des déplacés…

Ce n’est pas une question ecclésiale mais politique. Vous avez compris la complexité là-bas, un mélange avec certains qui sont du côté slave très russophone, et d’autres qui sont très occidentalisés, ce sont plutôt ceux-là qui sont venus. Le mot Ukraine vient de край qui signifie terrain, frontière. Nous sommes à la jonction de deux types de fonctionnements et malheureusement la tension est forte entre l’approche américaine/européenne et celle russe partiellement chrétienne mais encore très marquée par le communisme soviétique. Ici, même avant le conflit, nous vivions un mélange un peu compliqué.

Et concrètement, ici vous priez avec des Russes et des Ukrainiens ?

Nous sommes hors conflit, nous essayons de ne pas tomber dans la diabolisation ; il y a des violences russes, il y a aussi certains qui exacerbent le refus du russe. Nous prions en slavon, cette langue est d’abord liturgique, puis a dérivé en russe qui est la continuité ‘’parlée’’ du slavon, et en ukrainien qui a intégré des termes polonais ou autres. Ici, nous n’avions pas de difficulté à accueillir la différence, puisque la liturgie slavonne s’adresse à Dieu, et qu’on accueille dans les deux langues.

En conclusion, quels conseils donnez-vous à nos lecteurs troublés par l’actualité brûlante et désireux d’agir ?

Chrétiens, nous sommes face à cet absolu besoin existentiel de la paix qui nous fait rejoindre Dieu. Après, il faut différencier en nous ce désir de paix profonde qui est notre ADN de chrétiens, et notre position face au conflit. Evidemment d’un point de vue humain on peut prendre parti, mais sans envenimer les positions. Comme chrétiens intercédons pour les responsables de cette agression, que Dieu bouge leur cœur et crée des conditions nouvelles qui permettent une issue au conflit !

Propos recueillis par le Père Bernard Jobert

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